Pourtant ça partait un peu mal, à cause d'un début vraiment mou malgré un pitch de départ original, le fait que ce soit un peu laidron malgré une direction artistique pas mal du tout, que l'univers soit tout petit, qu'on multiplie les allez-retours, que les donjons ne soient pas terribles, que les quêtes typées MMO soient pas très engageantes malgré le bon fond de certaines, que la collecte des items soit un calvaire, que les mini-jeux sont mal foutus, que le craft des armes pue un peu..
Et pourtant la sauce prend, peut être grâce à ce casting de forts en gueule, totalement détaché des stéréotypes auxquels on est habitués, réussid sous tous les angles et disposant de doublages et de répliques qui font mouche (la relation Weiss/Kainé est géniale), ou peut être grâce à cette ambiance à la fois pesante et mélancolique de tous les instants qui est portée par une bande son aussi planante que divine. Ou peut être grâce à ce scénario qui gagne encore et toujours plus en intensité et en révélations au fil du jeu, qui dispose d'une mise en scène du tonnerre et qui se révèle finement et intelligemment au gré des multiples fins (le run pour la fin B, mais c'est juste brillant!). Ou encore peut être ce gameplay Hack'n'Shmup dynamique et bien bourrin qui offre autant de joutes épiques, notamment contre les boss, que de variations de phases de jeu qui pètent toute notions de monotonie et qui sont tout autant de références plaisantes à reconnaitre (l'aventure textuelle comico-glauque de la forêt des légendes est pas mal du tout, tout comme le manoir!). C'est peut être le cumul de tout ça, oui.
Une expérience vraiment unique malgré des défauts assez persistants, mais qui montre une nouvelle fois le talent de Cavia pour construire et narrer une histoire, un univers. Et j'y ai vraiment pris énormément de plaisir.
