On a beau dire, mais Shining the Holy Ark n'attire pas au premier abord.
Une vue première personne qui rappelle immédiatement les D-RPG hardcore qui nous ont traumatisé enfant, des graphismes qui ont vraiment pris un coup dans l'aile et un système de jeu qui semble super old school et rigide.
C'est donc à reculons qu'on se lance dans ce titre.
Mais non. Shining The Holy Ark se révèle au final particulièrement jouissif sur bien des points.
Le gameplay est encore aujourd'hui un modèle du genre. Des déplacements souples et réactifs (rarement vu ça dans un ce type d'avancée en 1ere personne, surtout les virages dans les donjons/villes. Même aujourd'hui, ça semble encore frais), des combats au demeurant super classiques mais très bien pensés (avec un mode auto bien foutu) et surtout... surtout... des donjons fichtrement géniaux !
Car la force première du titre, c'est bien ses donjons. Intelligents, ils poussent réellement à l'exploration. On se lasse rarement des aller-retours à faire tant les objets/switchs/cul-de-sac sont bien placés/pensés. C'est du fun à l'état brut. Mention spéciale à la Tower of Illusion, 6 étages de folies et incroyablement bien imbriqués. 2 à 3h d'explorations géniales. Et plus on avance dans le jeu, plus cet aspect prend de l'ampleur pour qu'au final, le joueur en demande encore plus. Surtout qu'aucun malus n'est imposé au joueur : si un Game-Over intervient au bout de 3h d'exploration dans un énorme dédale, on revient simplement à l'église la plus proche avec toutes nos trouvailles et expérience engrangée. Comme dans les autres Shining, certes, mais là, c'est réellement utile et justifié.
En revanche, le gros bémol du jeu repose sur le scénario. Loin d'être ultra classique et manichéen comme on en voit partout ailleurs, celui-ci reste quand même très classique et convenu. Les mécaniques du jeu, même à l'époque, sont déjà vues et revues (va chercher les 3 artefacts légendaires pour ouvrir la porte au royaume caché qui te permettra de devenir plus fort et ainsi atteindre l'Ark...). Cela dit, il se suit avec plaisir et ne se perd jamais dans des détails et des éléments superflus. On reste dans l'idée du "full fun".
Techniquement, nul doute que le titre a bien vieilli. La Saturn au sens général est une console qui accuse vraiment le poids des années. Surtout dès que l'on touche à la 3D. Le problème est qu'ici, le jeu est assez mal optimisé. On subit assez couramment des ralentissements en tout genre et sans jamais comprendre réellement pourquoi tant ce qu'il y a à afficher à l'écran semble...vide (cf Enrich, qui rame comme aucun autre lieu... En plus, ville centrale, on y va tout le temps). En revanche, les énormes sprites des persos/monstres sont encore bien rendus et certaines animations étonnent toujours. Si aujourd'hui on peut assimiler ce rendu à de la CG/pâte à modeler, il fait toujours son petit effet et les persos ont toujours ce petit quelque chose d'attachant qui fait qu'on s’attache très vite à leur bouille.
Musicalement, le titre est très bon et les musiques collent toujours à l'action. L'exploration des mines tout particulièrement car jouant vraiment sur les nerfs du joueur entre douceur moribonde et stress surprenant. Dommage simplement qu'il n'y ait pas plus de variété (surtout pour le thème des combats qu'on se tape des milliers de fois dans le jeu). Mais au final, on se souviendra de l'atmosphère de bien des donjons grâce à une OST très réussie.
Bref, au final, Shining the Holy Ark m'a surpris, m'a accroché pendant une trentaine d'heures et j'en ressors avec une nouvelle certitude : un bon titre saura toujours procurer son lot de fun et ce, malgré les années qui passent. Celui-ci en est la preuve : en 2012 il reste toujours extrêmement bon.