Une aventure magistrale qui prime par son incroyable sentiment de liberté, couplé à un level-design ingénieux et une direction artistique juste magnifique. Un univers qui a une vraie gueule, une vraie identité autant le jour que la nuit, que même l'aspect technique un peu dépassé du soft n'éreinte pas d'un poil. L'OST du jeu contribue également énormement à cette immersion dans l'univers,une véritable orgie pour les oreilles : entre Gaur Plains qui file la gouache et l'envie de chopper une épée et partir à l'aventure, Confrontation with the Enemy ou Unfinished Battle qui donne envie de casser des choses chez soi, sans oublier toutes les ziks d'ambiance très planantes comme celle de Satori Night ou celles autour de la patrie des Mékons, To The Last Battle vraiment épique qui accompagne la dernière ligne droite, on ne sait plus ou donner des tympans. Tout est aspect est vraiment LA chose que je retiendrais de Xenoblade.
Egalement énormement apprécié le système de combat, assez austère à la base et qui révèle tout son potentiel et sa dynamique par la suite, sans parler de tout le côté customisation entourant le gameplay (gemmes, équipement, skills, compétences), vraiment bonnard. Le gros défaut de ce système, au final, aura été l'IA totalement débile du jeu qui ne rate jamais une occasion de briller de son incompétence : entre les magiciens au corps à corps, les personnages gérant l'aggro ou le heal comme des buses sans parler de la sous-exploitation - voir la non-exploitation - des skills, ça devient un tantinet agaçant à la longue, d'autant plus que le système d'ordre est très limité.
Toutes les petites options à droite à gauche qui facilitent la vie sont également très agréable, et donnent l'impression que les développeurs ont vraiment pensés à tout pour offrir un confort maximal : la vitesse exagérée des personnages, la possibilité de se téléporter n'importe ou, le fait de pouvoir manipuler l'heure, les quêtes se finissant automatiquement sans retourner aux NPC les ayant donnés (la plupart du temps), l'exp à foison en exploration, etc. Enfin, pensé à tout, dans un premier temps. Je pense notamment à une certaine forme "d'opacité" dans les informations offertes par le jeu. Notamment l'absence d'un bestiaire, pas très pratique pour la chasse aux streums, mais surtout au Sociogramme, et aux intéractions avec les NPCs : suivre et servir les habitants du jeu devient addictif et renforce encore plus l'immersion et le sentiment de vie de l'univers, mais ça devient très vite un gros travail de mémoire, qu'on remet aux FAQs, pour repérer qui est ou est quand, et qui échange quoi. Assez dommage quand on voit le travail de simplification fait auparavant.
Finalement, mon plus gros grief avec ce jeu, ça aura été tout le tissu narratif. Le background du jeu est au final assez limité malgré toute la matière qui ne demandait qu'à être utilisée. Un peu comme Riskbreaker, j'aurais bien voulu savoir pourquoi cette colonie est ici, son histoire, pourquoi cette zone porte ce nom, comment cette stèle gigantesque est arrivée ici. Un travail qui aurait pu se faire par les quêtes, présentes en grande quantité, mais qui vont plus être "alimentaires", qui vont se résumer à collecter / tuer 95 % du temps. Le scénario quant à lui ne m'aura vraiment captivé dans sa seconde moitié, riche en révélations et aux thématiques intéressantes, la première étant quand même trop prévisible et "rose bonbon" (avec cet horripilant violon dans les moments émotions...) malgré une ouverture qui augurait du meilleur.