Me voilà arrivé au terme de l’aventure de ToV sur Xbox 360, après plus de 100 heures de jeu :
- Après avoir goûté aux plus belles merveilles du monde dans FFXIII, mes premiers contacts visuels avec Terca Lumireis furent plus difficiles. Le vide dans les décors saute aux yeux, un travail un peu simpliste de la modélisation des personnages : le contraste avec le soin apporté à la chevelure des protagonistes d’Eternal Sonata (sorti pourtant un an auparavant) est par exemple des plus frappants. Pourtant, le charme du rendu « cell shiadé » de TOV finit par opérer : un côté champêtre se dégage de ce style esthétique épuré, aux contours arrondis et aux couleurs chatoyantes et verdoyantes (l’atmosphère bucolique du village d’Halure).
- Une ambiance légère et enivrante donc, qui appelle inévitablement à l’aventure : des habituelles bâtisses forteresses, au village des fleurs, en passant par la contrée du désert et les montagnes, sans oublier la caverne de diamants (avec ses magnifiques reflets lumineux), on y voit du pays. Et la présence d’une carte du monde, n’est bien sûr pas étrangère à ce sentiment de liberté.
- Un bon casting dans l’ensemble : La vision blasée voire quelque peu cynique de Yuri, ainsi que son approche bien arrêtée de la justice, se distingue clairement de l’habituel garnement effronté et stupide. Et le contraste du personnage principal avec Flynn, son ami de toujours, représentation parfaite du valeureux chevalier et irréprochable à tout point de vue, est particulièrement saisissant. Vient ensuite ce bon vieux roublard de Raven, qui endossera à tour de rôle, le costume de comique service et de « paternel » du groupe. Difficile aussi de rester indifférent à l’égard de Judith, jeune et talentueuse guerrière krytienne, aux allures de femme fatale et insaisissable. Et même le côté cruche et naïf d’Estelle a quelque chose de charmant. N'oublions pas non plus ce bon vieux chien de guerre Repede, avec sa fière attitude. Quelques fausses notes malgré tout : Karol, le mioche peureux et boulet de service dans toute sa splendeur. Sans oublier Rita et Sodia, qui agacent par cette vilaine attitude de toujours partir au quart de tour.
- Une aventure très rythmée, qui ne laisse la place ni à l’ennui, et ni aux temps morts (ou presque. Je fais bien sûr référence à l’habituelle ficelle de la [spoiler]recherche des 4 esprits.[/spoiler]
Et malgré la réduction de mon temps de jeu dans mes plannings estudiantins, je n’ai pas manqué de délaisser à de nombreuses reprises, la quête principale pour les multiples à côtés du jeu. Quêtes annexes qui offrent souvent aux joueurs, d’en savoir plus sur les différents intervenants. Et c’est d’ailleurs avec un grand plaisir, que j’ai suivi les multiples scènes de parlottes, véritables témoignages de l’ambiance et de la vie du groupe. Seul bémol : de nombreuses petites missions doivent être impérativement réalisées à un moment précis du jeu, faute de quoi, il est impossible d’y revenir par la suite. Sans le petit avertissement de Mikaya (et je l’en remercie^^), je pouvais dire adieu à la lance de Judith.
- L’un des systèmes de combats en temps réel, les plus aboutis à ce jour : le jeu offre une palette impressionnante de techniques : des différents types d’artes conventionnels (basique, arcane magiques, et qui sont susceptibles de se mouvoir en une nouvelle forme, au fur et à mesure de leur utilisation), au hors limite qui donne accès aux artes explosifs, et surtout mystiques : sorte de super furie, aux pouvoirs dévastateurs et magnifiquement mises en scènes par ailleurs. On n’oubliera pas egalement cette idée lumineuse d’exécuter des attaques fatales, qui permet d’achever rapidement l’adversaire. Et différents styles de combats sont à notre disposition : Yuri, l’épéiste de service offrant un bon compromis entre vitesse et puissance de frappes, Judith dont la « très relative » lenteur des attaques à la lance, est compensé par la capacité d’exécuter des véritables combos aériens, Rita dont les pouvoirs magiques dévastent tout sur son passage. Un peu en retrait ensuite, Estelle et ses indispensables pouvoirs de guérison. Ses magies de lumière sont très efficace également (son maniement du sabre laisse en revanche à désirer). Raven qui peut alterner des attaques à distance de type magique ou à l’arc, et au corps à corps avec son couteau de combats. Repede, dont les rapides attaques frontales, m'ont bien souvent sauvé durant les 1ères heures de jeu (et il est d'ailleurs le seul à disposer de la précieuse compétence de vol). Carton rouge enfin à l’inévitable Karol : lent, des enchainements d’attaques à ras les pâquerettes, et de faible portée en plus, seul sa techniques tournoyante le sauve du naufrage. On n’oubliera pas non plus l’ingénieux système de compétence emprunté à FFIX, et qui étend encore les possibilités de combat : l’esquive avec le saut en arrière, la possibilité de se réceptionner lors d’une chute, d’alterner avec plus de fluidité les différents types d’artes, etc. Enfin, la possibilité d’accéder plus facilement aux différentes techniques par des raccourcis, de pouvoir se mouvoir librement dans la surface de combats et le fait de pouvoir entièrement configurer les actions de ses équipiers (même si Estelle a toujours cette fâcheuse tendance à un moment ou à un autre, de foncer droit sur le boss, alors que mes commandes l’assignaient à distance et au statut de guérisseuse). Résultat des courses : on assiste à un véritable déluge d’attaques qui explosent dans tous les sens, et les combos s’additionnent à une vitesse folle (et la compétence qui réduit les frappes de nos personnages à 1 HP, poussent un peu plus loin le vice dans la quête au combo). Pour info, je suis parvenu à atteindre le chiffre de 316 hits,
[spoiler]lors de l’ultime combat face à Zagi dans le Tarquaron.[/spoiler]
Ok je sais, ce chiffre fait un peu pitié, mais le fait d’avoir effacé mon précédent record de 207 hits de TOL, me rend vraiment fier de moi. Le fait de pouvoir bénéficier de plusieurs niveaux difficulté, est également un plus appréciable. Le dernier boss en mode difficile, m’a posé d’ailleurs quelque soucis malgré mes 101 lvl, armes, armures, accessoires et compétence au top :
[spoiler]quelle désagréable surprise de donner une 3ème forme à Duke, une fois les 7 armes maudites activées. J’aurais du écouter la parole de Dark Sol à ce sujet.lol Et en plus, cet enflure enchaine les artes mystiques Big Bang et Tales Of Vesperia, encore plus vite qu’auparavant.[/spoiler]
Enfin, le système de synthèse est vraiment très simple d’utilisation, trop peut-être. Mais bon, au moins, je n’ai pas eu l’impression de faire les choses à l’aveugle, contrairement à FFXIII.
- Une traduction française de qualité, des dessins signés Fujishima, et des séquences animés toujours aussi agréable à regarder. J'ai également pris un grand plaisir à relooker mes personnages (avec des tenues parfois bien insolite^^)
+/- Mes exigences en matière d’histoire, ne volant pas bien haut (exception faite de la saga des Suikoden), j’en ressors assez aisément satisfait le plus souvent: ainsi la gentille niaiserie d’un Eternal Sonata ou de la conclusion de FFXIII, ne m’ont absolument pas posé de problèmes. Et Tales of Vesperia n’échappe pas à la règle : ok, on nous ressasse l’habituel devoir de sauver le monde, mais je l’ai suivi avec un certain plaisir et assez tranquillement. Ajouter à cela quelques scènes marquantes,
[spoiler]les expéditions punitives de Yuri envers Ragou et Cumore, la mise à mort du Don de la main de notre héros, afin d’éviter un conflit entre la Pallestrale et Dahngrest, le « sacrifice » de Raven/Schwann, pour sauver le groupe etc[/spoiler]
et mission accomplie. Toutefois, on pourra regretter que les scénaristes n’aient pas poussé certaines thématiques plus loin : à partir des mêmes bases, il était facile de donner un accent plus sombre à l’histoire, sans pour autant verser dans un excès de mélodrame.
[spoiler]Des intrigues politiques, avec des machinations et actes de trahison qui amènent à un conflit interne entre les guildes de la Pallestrale et de Dahngrest. Ajouter à cela l’opportunisme de l’empire, qui tire avantage de la situation pour étendre son emprise. Et ce climat de guerre entre ces différentes factions, va semer le désordre au sein du groupe de nos héros, du fait de leurs appartenances diverses. Et au centre de ce tumulte, la tragique confrontation (à la manière de Riou et de Jowy par exemple) entre Yuri et Flynn, dont les divergences de principes et de conviction, les conduisent inéluctablement à croiser le fer. Dommage, donc.[/spoiler]
+/- Après avoir pu bénéficier des voix originales japonaises dans Eternal Sonata, et de profiter du superbe travail de relocalisation de FFXIII, je n’ai pas accueilli initialement le doublage anglais de TOV avec un franc enthousiasme. Entre les ridicules répliques de Nigaud A et B, le marmonnement inaudible du vieux Hanks et les irritantes voix de Rita et de Karol, cela commençait bien mal. Heureusement, la suite relève le niveau avec un bon travail des acteurs pour retranscrire l’attitude blasé de Yuri, la bonne vieille roublardise de Raven, la touche séductrice et taquine de Judith, le caractère solennel d’Alexei . Mention spéciale à Yeager au timbre franchement décalé et la voix rauque de Duke, reflètant finalement bien l’austérité et la sévérité du personnage.
+/- Fan inconditionnel de Sakuraba, j’en suis ressorti un peu déçu de son travail dans TOV. Les mélodies sont certes parfaitement dans le ton, et s’accordent bien aux circonstances. Mais malgré cela, aucune ne m’a marquée (hormis peut être la piste de The Resolution of People, l’une des variantes du thème principal). En comparaison, les compositions d’Eternal Sonata m’ont fait une bien plus forte impression.
- Dans la lignée d’Eternal Sonata et de FFXIII, le background des ennemis de Tales of Vesperia est clairement à revoir :
[spoiler]entre un Zagi complètement inutile et ridicule tant sur le plan de son look et de son attitude, le charisme d’Alexei tant vanté par Raven et la Garde Royale qui n’a jamais daigné faire acte de présence, on n’est pas bien loti. Duke relève un peu le niveau, mais sa présence évanescente durant tout le jeu, n’aide pas à comprendre le sens de ses actes et de ses motivations. Reste Yeager et ses 2 jolies subordonnées Droite et Gauche, dont le caractère décalé et l’ambigüité font tous leurs intérêts. Malheureusement, les scénaristes ont préféré réduire leur place dans l’histoire, en choisissant d’y inclure le trio des guignols, Barbos, Cumore et Ragou.[/spoiler]
Au final, Tales Of Vesperia trône non seulement désormais au sommet dans mon top hiérarchique de la saga (devant TOR, TOL et TOP), mais s’empare également du titre de meilleur rpg de la nouvelle génération de consoles. Un grand jeu tout simplement. Même si le NG + me fait du coin de l'oeil, mes impératifs estudiantins et l’optique de profiter de ROF par petites touches, l’emportent finalement. Une prochaine fois peut-être.^^
Note : 4,5/5
NB 1 : j’ai une petite question concernant le dernier boss :
[spoiler]en revêtant sa troisième forme de combat, Duke affirme avoir hérité du pouvoir du roi des Entelexia, sans aller plus loin dans ses explications. Ma question est simple : quel est le lien qui unit le chef des Entelexia et les 7 armes déchues ?[/spoiler]