Après l'absurde révolte japonaise sur Zestiria (souvenez-vous "l'Alisha Gate"), Hideo Baba et la Team Tales of se devait de rebondir vis à vis de son propre public. C'est ainsi qu'il aura fallu à peine un an et demi pour voir débarquer le nouveau Tales.
Avec des créneaux aussi courts le premier constat tombe et s'avère sans appel : Berseria reprend le moteur graphique de Zestiria, ou plutôt ré-exploite le moteur graphique de Xillia. Ca commence à faire une paye que ce moteur est désuet, pourtant la team Tales of persévère à ne pas faire un vrai pas dans la génération actuelle (jeu multi PS3-PS4, version PS3 lead). Ceux qui ont joué à Zestiria dans sa version PS4 auront une petite idée ici, même si il y a quelques minces améliorations dans les textures et les effets lumineux. Cependant rien de folichon puisqu'on retrouve toujours des bugs graphiques, une poignée de collisions hasardeuses et cette tristounette mise en scène assez statique (même si il y a quelques bonnes surprises, notamment sur le final). Pour tout vous dire mon RPG précédent est Atelier Sophie, et je peux dire ouvertement qu'aujourd'hui Gust rattrape les Tales of au grand galop, c'est dire. Musicalement Sakuraba s'en sort un peu mieux que d'habitude, dans la vague de son travail sur Zestiria.
Je pourrai parler du scénario mais sachant qu'on suit une histoire de vengeance, ce serait spoiler le peu de surprises que réserve le récit. Je noterai cependant qu'après un départ un peu "dark" (toutes proportions gardées) le jeu vire rapidement à la ballade champêtre pendant bien 15-20h. L'aspect piraterie n'est également là que pour la déco, et encore. Non, l'essentiel des thématiques tournent (à nouveau) via l'acceptation des différences dans un monde où les hommes-bêtes sont traqués s'en même à en chercher la raison. La deuxième partie de l'histoire, mieux rythmée, conserve quelques cartouches sympathiques, mais j'en ressors tout de même assez mitigé à ce niveau.
Le point fort, encore et toujours, ce sont les combats. Car après le système de Zestiria (plus technique que la moyenne) qui n'a pas convaincu tout le monde (surtout au Japon), Berseria offre les combats les plus bourrins de toute la licence ! Et c'est un joueur qui a fait toute la main série qui vous le dit. Notamment avec Velvet, notre héroïne, qui via l'activation de son bras "monstre" peut recharger les AP à toute vitesse. Du coup j'invite tout le monde à prendre vos ennemis en "grappe", histoire de passer 2 minutes à exploser tout l'écran pour des gains dix fois plus importants qu'un combat seul. Et cela, uniquement car le bourrinage est la meilleure technique du jeu du début à la fin, même dans le post-game. Jubilatoire d'un côté, et peut être un peu lassant à la longue, même si les autres personnages offrent des alternatives moins expéditives.
Après, tout le jeu repose sur l'apprentissage de skills via l'aspect loot à outrance, une formule que je ne cautionne pas. Le pire, c'est qu'avec la méthode "grappe" que je mentionne au dessus vous débloquerez également plus rapidement les dites compétences. Sinon quelques petites arènes, beaucoup de cuisine et la possibilité d'envoyer temporairement un bateau cherchez des trésors constituent l'essentiel du contenu. Ah si, il y a peu de quêtes annexes dans le jeu (avec de la chasse au mob), mais elles ont le mérite d'être plus développées que de coutume et bien intégrées au background d'ensemble. 40-50h pour la trame en flânant un peu, plus avec le post-game pour une moyenne standard sur cette licence.
Je finirai en disant une formule éprouvée mais pourtant ô combien adaptée : "c'est efficace" !
Après un démarrage un peu poussif le jeu fini pour nous immergés grâce à son gameplay connu de tous, comme un petit retour par la maison après un voyage lointain qui s'éternisait trop. Donc à nouveau un Tales of qui fonctionne, mais le dernier hein, il est vraiment tant de changer le moteur et la structure.