Bravely Default fini en 75h avec la true ending.
Que dire ? Un bon jeu, à n'en pas douter. Mais... ça ne va pas plus loin. A aucun moment.
Du côté des réussites, j'ai envie de citer le gameplay, en première instance. Le système de combat est plutôt riche, bien développé, et surtout d'intensité croissante. Ajoutez à ça une plasticité formidable des mécaniques de jeu (% de rencontres, difficulté), et vous obtenez une recette étonnamment addictive, calibrée pour tous les demandeurs.
Pas de soucis pour les amateurs de challenge, le stress est au rendez-vous. Les chapitres 7 et 8 sont un véritable délice de challenge, les coups de chaud particulièrement nombreux. De quoi faire monter la tension. Bref, difficile d'être frustré en jouant à Bravely Default. Du moins, à cet échelon là.
A côté de ça, le temps se gâte.
Narration, writing et subtilité sont des termes que le scénariste, Naotaka Hayashi, semble ne pas avoir intégrés.
Je me risquerais même à ajouter "théâtralité" au listing, pour taquiner notre petit Elincia des familles.
Pour ma part, j'ai bien aimé la seconde partie de l'aventure. Harassante, répétitive, certes. Mais dans le fond, elle incarne l'unique prise de risque à laquelle daigne bien se soumettre Bravely Default. Car si le scénario révèle quelques sympathiques pirouettes sur la fin, l'écriture générale n'imprime qu'un melting-pot de mièvreries et autres lieux-dits sur l'écran du joueur. On touche ici au souci majeur du soft. Les erreurs de "jeunesse" sont légion. Spoils sur NieR & BD incoming.
[spoiler] Lying Airy ? U serious ?
On est au courant de la chose depuis le chapitre 2, merci.
Pourquoi ne pas avoir procédé de la même manière que dans NieR, qui mettait délibérément Devola et Popola au second plan, pour les ramener sur le devant de la scène lors de la résolution ? Là, on nous balance des évidences dans la gueule pendant 8 chapitres, merci bien.[/spoiler]
Au final, la seule originalité que je retiendrai :
[spoiler] La caméra interne de la 3DS pendant le combat final. So méta'. [/spoiler]
Par moments, j'avais le sentiment de jouer à Fairy Tail : The Game, en plus débile encore. C'est quand même fou d'arriver à avoir 80% des dialogues d'une aventure qui parlent de bouffe. Honnêtement ? Qu'est-ce que c'est que cette merde, là ?
Bref, j'ai beaucoup ri en parcourant le net hier, à la recherche des différentes reviews du jeu. Je me gausse de voir les critik clasher la niaiserie des Tales Of et de leurs saynètes, quand celles de BD n'apportent rien de plus que des connaissances culinaires. Mais, c'est de la bonne naïveté, voyez-vous. Final Fantasy IX doit se retourner dans sa tombe, putain de nsm.
Je ne commente même pas les personnages. Ces derniers sont construits sur des non-sens qui permettent à l'intrigue d'avancer facticement, en s'accoquinant de leçons de morale douteuses. Dommage d'avoir dû les rendre débiles pour faire passer la pilule du synopsis pendant X chapitres. Au fait : Tiz worst character ever.
Les musiques sont franchement réussies, agréables voire entêtantes. Malgré tout, on reste dans le classicisme le plus froid. Rien qui ne sorte du lot, rien qui ne soit véritablement "expérimental" ou même "borderline". Au passage, on retrouve Sakuraba dans les crédits. Etonnant.
Léger coup de gueule à Serpent Eating The Horizon, absolument nulle. Je comprends pas trop l'engouement qu'elle suscite. Plus random, tu meurs.
Une aventure longue, sympathique, quoique douloureusement enchaînée aux conventions narratives des japonais, lesquels feraient bien de se renouveler un peu.
Déçu. J'y ai cru, pourtant, à ma tragi-comédie sépia.
6.5/10.