<blockquote class="ipsBlockquote" data-author="Yama" data-cid="395235" data-time="1378225089">
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Sinon, pour Suiko 2, je pense que c'est parfaitement justifié par le fait que le joueur suit une histoire à travers les yeux de son personnage. Il subit le scénario, il est emporté par le flot d’événements plus ou moins tragiques, et si le joueurs en reste bouche bée, comme son personnage, il s'en retrouve plus impliqué que si le héros avais une forte personnalité.
Et par ailleurs, rien de ce qu'aurai pu dire le héros n'aurait apporté un plus au jeu. (et son tempérament aurait pu gêner un certains nombre de joueurs qui auraient alors potentiellement moins aimé ce jeu).
Ben euh, non. Un joueur se sentira impliqué dans un récit dans la mesure ou il aura un pouvoir décisionnaire, un poids à apporter, des choix à faire, des décisions à subir. Quelque chose de prédominant dans le RPG occidental en impliquant totalement le joueur avec un perso muet (les TES) ou partiellement avec un héros qui tchatche (The Witcher). C'est aussi valable dans le RPG nippon, mais dans une mesure bieeeen moindre (les SMT par exemple). Sinon il ne se sentira pas impliqué, il sera juste plongé dans le récit.
Mais dans 90 % des cas avec le RPG nippon, tu te retrouves avec un personnage muet, sans poids réel, dont on avoue pas le côté pratique et focalisateur et qu'on cache sur le masque du "impliquons le joueur !" Et c'est pas parce que tu lui donnes ton pseudo que ça va changer quelque chose. Tu le remplacerais par une semelle ou un chiot que ne ça changerait pas grand chose, il se contentera de répondre "oui / ok!" à des décisions n'étant pas les siennes et restera passif tout le long. Le joueur s’en aperçoit assez vite et se reporte naturellement sur l'univers et les personnages autour vu que le héros ne représente rien, qu'il ne porte rien, qu'il n'a aucun poids, et plus le jeu sera verbeux plus ça sera frappant.
Suikoden 2 puisqu'on en parle d'ailleurs, si tu demandes aux gens les personnages qu'ils ont retenu ils te diront Neclord, Luca Blight, Jowy, Shu, Viktor, Nanami et j'en passe. Des personnages affirmés aux buts bien définis. Mais je doute que le "héros" (qui n'a d'ailleurs même pas un nom prédéfini au moment de la création...) vienne spontanément dans la liste. Si à l'inverse ça avait été un jeune marqué par la cruauté de la guerre, qui s'affirmerait en tant qu'homme et meneur, qui galvaniserait ses troupes avec des discours enflammés, qui aurait véritablement porté/brisé le lien d'amitié, qui aurait exposé ses buts/motivations, là oui on aurait retenu Riou (et vu la qualité d'écriture de Suiko II, faire un grand héros était tout à fait possible). Mais là en l'état c'est juste "Hero", qui rappelle son existence uniquement dans les sondages de "meilleure équipe de six possible".
Bref tout ça pour dire que les jap' maitrisent mal l'utilisation du Silent Protagonist. Et c'est d'ailleurs pour ça que Ludger de ToX 2 est déjà annoncé comme le personnage le plus plat de la saga Tales of, par exemple.
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Je te rejoins dans tes explications sur les grandes lignes. Reste que pour Suiko 2, si le personnage avait vraiment eu la parlotte, je pense que j'aurai vécu le jeu différemment, plus en spectateur qu'en acteur en fait. Mais peut être que j'aurai aussi apprécié le jeu autrement. Idem pour Suikoden V.
Pour le Suiko 3, j'ai aussi adoré le jeu, et les héros parlent, mais on a plusieurs héros et ils se devaient d'avoir leur propre caractère.
Le cas Ludger dans TOx2 me fait en effet assez peur, car pour habitude, les héros des TO sont assez bavards. :think: