Petite pause avant d'entrer en donjon.
Bah, non, ne serait-ce que parce leur top à eux n'est pas figé, contrairement à celui-ci.
Je vois pas le rapport avec le débat en cours là, vraiment. Il aura beau ne pas être figé ils l'auront mis en premier sans le recul que tu préconises.
C'est toi qui mets le sujet sur le tapis. Ce à quoi je te réponds que, dans le cas présent, je n'aurais aucun problème lié au recul avec le fait de mettre Skyrim en premier dans leur top, puisque ce ne sera pas gravé dans le marbre. Si, trois semaines après, ils se disent qu'ils ont été emportés par leur enthousiasme du moment, ils pourront le changer de place. On est dans une démarche différente du top arrêté.
ici, on peut presque dire que Skyrim a potentiellement pu bénéficier d'être une "sensation fraîche"
La sensation fraîche est la seule sensation totale et vraie. Donc je dirais pas bénéficier parce que ça s'inscrit dans une certaine normalité.
Mais donc, du coup, Skyrim et les autres RPG du top proposé ne sont pas traités de la même manière : ainsi, il y a problème même à tes yeux. A partir de là, n'aurait-il pas mieux valu ne comparer que des choses comparables ?
Ouep, faire un top comme ça de but en blanc, qui plus est qui remonte aussi loin, c'est assez maladroit parce que pour beaucoup on se rapporte seulement aux souvenirs, très partiels.
Cf. juste au-dessus : le souci est qu'on met côte à côté un jeu traité d'une façon A et tout le reste traité d'une façon B. Même si notre cheminement de pensée pour en arriver à ce point est clairement différent, il me semble qu'on arrive sur un point commun de notre réflexion, ici.
j'ai beaucoup lu sur le jeu, j'ai fait quelques RPG open-world
C'est un autre débat, mais j'accorde aucun crédit à ce genre de procédé. J'avais beaucoup lu sur Oblivion avant d'y jouer, tout le monde disait que ça vous aspirait facilement et que tu passes facilement beaucoup de temps dessus, et pourtant quand je me suis lancé ce fut laborieux. On ne peut pas présumer de ce que le jeu peut faire ressentir sans y avoir joué imo.
Après, c'est peut-être dû à l'âge, à mon parcours ou à mon approche mais, dans l'ensemble, lorsque je suis confronté à ce que j'ai pu lire et analysé dans mes lectures, je me retrouve face à un produit fini qui correspond globalement à l'idée que j'ai pu m'en faire. Sur la structure et le fonctionnement, du moins ; la qualité est une autre question. Quand j'ai joué à Fallout 3, j'ai su à quoi m'attendre, je n'ai pas été tellement surpris - la déception a du coup probablement été moindre. Quand j'ai joué à New Vegas, pareil. Dans l'ensemble, j'ai très rarement, quand j'ai cherché à me renseigner sur un jeu de façon analytique, été confronté à un jeu qui me surprenne (c'est aussi pour cela que, pour certains jeux, j'essaie d'en lire le moins possible).
Et, puis, merde, on est deux à dire "on trouve que ça nécessite du recul", ça vous arracherait vraiment le doigts de reconnaître que ça se peut se tenir, même si ce n'est pas votre ressenti ?
Bah si je trouve que ça se tient pas, je vais pas reconnaitre que ça peut se tenir pour vos beaux yeux quand même :/.
Juste nous laisser penser ça sans avoir besoin de ton aval, ça serait déjà bien.
Et j'aimerais que tu m'apportes des exemples concrets de jeux qui t'ont été révélé plus mauvais ou meilleurs des mois après. Parce que tu parles beaucoup de théorie mais c'est mieux avec des exemples.
Je persiste quant à moi à dire que le souvenir s'estompe avec le temps, et que plus on attend, plus il ne nous reste plus que des rémanences parcellaires de l'expérience qui ne sont absolument pas représentatives de ce que l'on vit pendant le jeu.
En exemples que je pourrais te donner : ma perception de Fallout New Vegas a énormément fluctué dans le temps, pour prendre un exemple je pense pertinent. Il y a aussi FF IX, que j'ai trouvé meilleur avec le temps, comme je m'en suis rendu compte lorsque j'ai refait une partie (j'ai donc alors pu vérifier que ce sentiment que le jeu était au final meilleur n'était pas simplement lié au souvenir, puisque j'ai été de nouveau confronté au jeu).
Après, il est un point sur lequel nous ne serons je pense jamais d'accord, qui achoppe généralement, et c'est lié à l'approche d'un jeu. Comme nous l'avons discuté de nombreuses fois, tu as une approche à 90 % sensitive, alors que, pour ma part, je suis plus dans un partage entre le plaisir brut tel qu'il motive tes ressentis passionnés, et l'analyse référencée - et, lorsque j'écris un papier, anglée. Le souci restant que j'ai l'impression que tu considères que mon approche est nécessairement mauvaise alors qu'elle est simplement destinée à autre chose que la tienne. Tant que ce point, cette clef de voûte de l'approche du jeu - et, surtout, de l'écriture sur le jeu -, ne sera pas éclairci dans nos discussions, nous ne pourrons pas avancer. Note bien que je ne te demande pas de vivre tes jeux ainsi, mais simplement de considérer que jouer, et surtout écrire sur le jeu, de cette façon n'est pas une moins bonne façon que la tienne. Simplement une forme différente, qui permet, lorsqu'on écrit sur le jeu, d'apporter autre chose au lecteur. Donc, d'apporter quelque chose au lecteur qu'il ne trouvera pas dans tes écrits alors que, inversement, il pourra trouver quelque chose dans tes écrits qu'il ne trouvera pas dans les miens : ainsi, selon la sensibilité dudit lecteur, celui-ci sera sûr de trouver texte à découvrir qui lui permette de dégager l'information qu'il recherche.
Sur ce, je pars défoncer du monstre dans mon donjon !