Ça dépend ce que chacun entend par "raisonnablement". Le fait est que l'urgence est telle qu'il faut un changement radical. Alors ça peut être un changement modéré de tout le monde (on ne mange plus de produits animaux que 2 à 3 repas par semaine par exemple), ou un changement radical d'un plus petit nombre. Enfin on pourrait en débattre longtemps, toujours est-il que l'élevage et les cultures dédiées à l'alimentation du bétail foutent le monde en l'air et que l'échelle de consommation actuelle implique ce modèle de production.
En fait la solution n'est en effet pas nécessairement l'abstention, mais de mettre fin au caractère automatique des produits animaux dans le repas. Pour cela il va falloir que beaucoup de gens réapprennent à manger. Un conseil, allez bouffer chez des vegan. x)
Sur un autre sujet : A Saint Denis, l’AMAP est anarchiste et ça marche très bien
Pour les sceptiques de l'autogestion.
Une question : vegan signifie également ne pas utiliser de laits issus d'animaux, si je ne me trompe pas. En partant de ce principe, et en remplaçant par des laits "végétaux", aurait-on la capacité à en produire suffisamment pour subvenir aux besoin déplacés de la totalité de la population ? De même pour les œufs (qui ont de ce que j'ai lu des produits équivalents dans une alimentation vegan), et pour tout autre source de nourriture entièrement déplacée vers une production d'un autre type ?
En parallèle, et assez paradoxalement, pour toute la question vestimentaire (y compris tout bêtement la laine), on renforcera une production potentiellement plus polluante ; idem pour les cultures (les forces animales, même si elles sont de plus en plus rares seront obligatoirement remplacés par des éléments mécaniques, pour l'heure encore particulièrement polluants), etc.
Reste également la question des emplois. Un changement radical, tel que tu le préconises, implique des millions de personnes qui perdent leur emploi. Évoluer vers quelque chose de plus raisonnable, en éduquant (ne serait-ce qu'en rappelant que la population, dans l'ensemble mange trop ; là où 100 g de viande suffisent largement pour un repas, on consomme bien souvent le double, etc.), en réalisant des productions plus pertinentes, pour avancer à petites touches vers quelque chose de plus équilibré, serait à mon sens plus cohérent.
Enfin, pour l'anarchisme, s'il faut refuser tous les exemples pour ne pas voir que cela fonctionne, je pose tout de même la limite que cela fonctionne à de petites échelles, et que, nationalement/mondialement, cela risque d'être quelque peu plus compliqué.