Ah ben tiens ce que j'ai mis sur un autre forum (j'ai cité la réponse de Gans sur le "pourquoi il ne fait pas peur") :
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Voilà, j'hésitais au cinéma entre l'âge de glace 2 et V pour Vandetta, je suis allé voir Silent Hill.
J'étais pour une fois parti avec un bon a priori. Et franchement, n'écoutez pas les critiques. Et moi qui aime Telerama, je suis vraiment déçu par leur critique (je devrais peut être surveiller les auteurs desdites critiques :p ils auraient du garder celle là pour Existenz).
Je n'ai fait que 20 minutes du jeu, mais je crois que l'important est que l'univers et la mythologie Silent Hill soit respectés.
En gros, c'est l'histoire de Rose qui va chercher sa fille Sharon dans Silent Hill. Silent Hill est une ville fantôme... Mais Rose se trouve dans une dimension parallèle, piégée avec une femme flic qui la suivait. Une sorte de plan d'existence qui se transforme parfois en Zone de Cauchemard (on apprendra pourquoi à la fin).
Le film commence plutôt mal, la narration n'est pas terrible... Mais ce film est très subtil et manie des thèmes un peu complexes qui viennent par la suite. Il fait réfléchir, le scénario est en fait assez compliqué. Ces thèmes sont la déification de l'humour maternel / fille au delà du lien biologique, sur une histoire d'entité vindicative, mais la majeure partie est amenée par l'ambience.
Il faut comprendre que Silent Hill n'est pas un film d'horreur.
Voici un bout de l'interview de Gans sur Allociné
Qu’est ce que c’est exactement que la peur dans le jeu "Silent Hill" ? Je pense que le jeu est effrayant parce qu’il est constamment inquiétant. La peur dans "Silent Hill" n’est pas d’ordre mécanique. Ce ne sont pas des sursauts… Vous n’êtes pas en train de vous balader dans un coin et brusquement un monstre vous saute dessus et vous mord la tête. Pour moi, c’est sûr que ce n’est pas ça. Pour moi, la première qualité de "Silent Hill" est de déranger, de mettre mal à l’aise, par des tas et des tas de ressors différents, à la fois d’ordres psychologique, esthétique... Il y a vraiment une patte très particulière au jeu. Ce que j’ai essayé de faire dans le film, c’est de ne pas poser la peur comme mécanique. Il n’y a pas de sursauts faciles, pas un seul. Ca ne m’intéresse pas, je trouve ça crétin. Quand je vois un chat qui saute dans le cadre, ça m’énerve, ça me fait sortir du film. Le problème c’est que vous sursautez, et qu'ensuite vous avez une descente d’adrénaline et vous êtes hors du film. Je préfère plutôt imaginer que le film va déranger et inquiéter sur toute la longueur et que de temps à autre il va y avoir quelque chose qui vous glace. On a travaillé très précisément dans cette perspective. Et sur le plateau, je ne me posais jamais la question de la peur mais la question de la restitution précise, au détail près, de l’ambiance que j’avais vue dans le jeu. Et à partir du moment où cette ambiance m’avait terrifié et que nous faisions tout pour la restituer, je pense que le film va avoir la qualité d’atmosphère que celle du jeu.
Silent Hill est apparemment un jeu qui marche sur le psychologique, le film est identique dans le principe. Ici les monstres sont là pour rappeler ce qu'un groupe de cultistes a fait... Ce n'est pas de la mécanique de film d'horreur habituelle. Et c'est intéressant.
Au fur et à mesure je me suis pris au scénario, à l'ambiance surtout. Le tout monte en cohérence et au niveau émotionnel.
Et après l'explication amenée de manière un peu abrupte il est vrai, et après la fin assez énigmatique je me suis reposé plein de questions sur ce film.
Je crois que les critiques qui descendent le film ne se sont pas donné la peine de comprendre ou de vraiment essayer (un peu comme pour Casshern).
Ce doit être la meilleure adaptation de jeu vidéo au cinéma, mais c'est surtout pour moi un bon film.
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