Terminé FFVIII :
En terme de fiction, Final Fantasy VIII est un gros ratage. Le scénario, très maigre au final, repose sur des rebondissements absurdes, et à la limite du grotesque dans le CD3. Cette absence de lien cohérent entre les scènes cinématiques (qu'on jurerait réalisées avant que le scénario ne soit écrit) ne serait pas rédhibitoire si l'histoire s'appuyait sur des personnages qui maintiennent un intérêt constant et une certaine ambiguïté, voire un mystère. Seulement, les Cid, Edea, Seifer, Raijin et Fujin, sans parler des ennemis principaux qui apparaissent pour se substituer aux précédents dans le CD3, ne sont travaillés que comme des prétextes, jamais comme des personnages à part entière. Outre Irvine dont je sais juste à quoi il ressemble, les PJ secondaires que sont Selphie, Zell et Quistis (pourtant intéressante au tout début) sont attachants mais assez transparents. Reste le couple central, qui ne devient véritablement le cœur du jeu qu'à partir du CD3, et plutôt similaire à Cloud/Aerith, en un peu moins subtil mais touchant malgré tout. La dimension romanesque réclamée par le jeu est donc loin d'être atteinte, malgré un talent évident de SquareSoft pour faire vivre son petit groupe d'individus.
Quant à l'école militaire, elle ressemble plus à un lycée classique qu'autre chose. Néanmoins, la mission de subtilisation de wagon est réussie(au contraire des missions suivantes, dont l'exécution est automatique et très confuse, y compris celle qui conduit au dernier lieu), d'autant plus qu'on s'amuse de l'amateurisme inattendu du groupe à Linoa.
Le système de jeu est déséquilibré et plutôt absurde, mais finalement on se prend à pomper les magies des ennemis lorsqu'on en découvre une nouvelle. On peut toutefois regretter qu'en définitive, c'est l'association des G-Force qui fait la "personnalité" du PJ, plus que le PJ lui-même (le système de matérias de FFVII n'atteignait pas une telle extrémité).
Presque pas de lieux à proprement dit à part le tout dernier. J'ai passé beaucoup d'heures sur le (très bon) jeu de cartes, récupérer les magies et objets pour les armes, ainsi que certains bonus fortement recommandés avant le lieu final, ce qui donne un corps de jeu franchement court, mais au moins ne tourne-t-on pas en rond.
Techniquement, le jeu est sans surprise pour la franchise, donc très bon. Idem pour les compositions d'Uematsu, valeur sûre de la saga jusqu'au 9.
Beaucoup de points négatifs et assez peu de positifs, mais je reconnais néanmoins y avoir joué sans me forcer, loin de là. Il reste cependant l'un des plus faibles de ceux que j'ai fait (4 -> 10).