A tout seigneur tout honneur autant parler du motion gaming censé être le fer de lance de cet épisode, qui il faut l'avouer est bien pensé et brille d'inventivité, notamment la maitrise de l'épée presque instinctive. Il aura donc fallut attendre 5 ans et la mort de la console pour en arriver à ce stade ? Reste quand même des imprécisions agaçantes et une caméra lente et chiante à gérer. Graphiquement "Monet dans ta télé" ça fait plus cache misère qu'autre chose, mais ça propose quand même quelques plans agréables à l’œil, sans plus. Pareil pour la musique, qui fait son office sans briller hormis quelques pistes, si on fait exception de la harpe, dont son utilisation est aussi nulle que les musiques l'accompagnant sont horribles. Et pour l'histoire ça se laisse suivre, ça m'en touche une sans faire vibrer l'autre, notamment à cause du manque d'intensité, et des longueurs qui s'invitent régulièrement.
Le level-design des donjons est super bon, les situations se renouvellent sans cesse en instaurant de nouvelles mécaniques à exploiter, après 25 ans je dirais que c'est normal, la maitrise à ce niveau est bien là. A l'inverse les zones ouvertes sont navrantes, manque d'inspirations et sont sans aucunes cohérences entre elle, on avance de point de sauvegarde en point de sauvegarde jusqu'à arriver au donjon, et basta. Et le pire c'est que ce sont elles qu'on va devoir bouffer 2 ou 3 avec des variantes, au prix d'incessants aller-retours et d'un remplissage pour du remplissage. Et dans l'ensemble, c'est juste dommage que tout soit trop évident et bien trop facile, au point même que j'ai parfois eu l'impression d'être pris pour un débile à constamment avoir des zooms sur les choses à exploiter ou des indices gros comme une maison AVANT de résoudre une énigme (MAIS TGGGGGGGG FAYYYY). Le bestiaire est également d'une pauvreté affligeante, a la limite de ce qu'on verrait dans un Final Fantasy : X variations d'un même mob, la couleur qui change, mais pas le pattern. Même les boss sont pitoyables, autant dans leur design que dans la résistance qu'ils offriront.
Mais le point sur lequel je trouve ce Zelda impardonnable, c'est son univers et son histoire, qui s'est quand même bien développé ces dernières années. Le plus naturellement on me parle de mogma, de pieuvres à la con, de twiki, de dragons, d'une déesse dont le nom n'a jamais été cité avant (censée être la plus proche des trois déesses d'or, quand même), tout un tas de trucs jamais relatés j'ai eu l'impression d'être dans un spin-off. On me parle du pire ennemi de l'humanité (dont on a jamais entendu parler avant, again) qui a juste pour motivation d'être le maitre du monde, et qui dans l'épilogue enferme la saga dans une histoire de réincarnations et de haine éternelle, justification facile de la "genèse" de tout, sans parler d'un joli petit tas d'incohérences (je renvois sur le blog de Iwant et sur la partie en spoiler, tiens). Bref, C'EST N-U-L. Et tant qu'on parle de nul on englobe dedans le casting (sauf Zelda, cette version est ma préférée) avec le worst character ever, Ghirahim, le worst sidekick ever, Fay, qui fera regretter Navi tellement elle est chiante, plate et omniprésente, l'insistance sur les mimiques de Link qui le fait plus passer pour un demeuré qu'autre chose, le ciel qui est juste un vide ennuyant à mourir et longuet à parcourir, un système d'endurance qui fait plus chier qu'autre chose, la casse de bouclier qui fait qu'on ne s'en servira jamais, le crafting d'items anecdotique et dispensable qui remplace les habituelles sidequest d'upgrade, et des mini-jeux frustrants et énervants. A l'inverse il y a la seule ile-village du jeu que j'ai trouvée pas mal du tout et ses habitants attachants, la quête des cristaux de gratitude y étant rattaché aidant.