Ce 3ème opus de la série arrive bien longtemps après les 2 précédents et on peut se demander s'il n'aurait pas mieux fallu qu'il reste dans les placards de SE.
Graphiquement, il n'y a rien à reprocher au soft : des cinématiques superbes made in Square, des cutscenes qui rivalisent même avec les prods internes de la firme, de l'action très bien retranscrite avec de multiples effets. Les décors sont variés (discothèque, station de métro, etc.) mais s'il fallait faire un reproche, je dirais que ça manque cruellement de couleurs.
Musicalement, on retrouve Shimomura et ça fait plaisir. La plupart des thèmes sont des remix de PE1, mais l'OST étant excellente, ça ne gêne pas, ainsi que quelques nouvelles pistes, d'autres planantes et au moins une incursion de Sekito, compositeur sur The Last Remnant.
Le gameplay change des précédents PE avec une orientation TPS. Ici, on se couvre, on avance, on tire. Un panel d'armes différentes accompagnent Aya et des phases de gameplay différentes avec des objectifs différents (vidage de salle, destruction d'orbes, course poursuite, nettoyage en char ou hélico) permettent de casser la monotonie si elle s'installait. Reste que la maniabilité est peu adaptée au support : le manque d'un stick pour la visée force à utiliser l'auto-aim avec la gâchette et d'une manière générale, l'action provoque quelques crampes à la longue.
Le scénario est sans aucun doute le plus incohérent, le plus absurde, le plus contradictoire, le plus illogique et le plus décousu que j'ai pu voir. Rien n'a de sens, les évènements s'enchainent souvent sans aucun lien entre eux et la surprise au début laisse place à l'incompréhension la plus totale et finalement le désintéressement. Les personnages ne sont pas en reste non plus. Outre une Aya faible, avec des airs de chien battu et qui peine à aligner les mots (tout le contraire de celle de PE1 et 2 mais ne vous inquiétez pas, il y a une explication... du niveau du scénario), certains protagonistes des précédents opus ont carrément rien à voir et les nouveaux sont pour la plupart effacés (principalement par manque de screentime comme le chef du FBI qui a 10 secondes chrono à l'écran). Un beau gâchis.
Si j'étais vieux aigri, je dirais que PE3 est un soft qui incarne ce qu'on reproche à cette génération de JV : 80% graphismes, 19.99% gameplay et 0.01% scénario et personnages. Mais les quantités semblent malheureusement bonnes.