Fini Alpha Protocol cette nuit.
Le bilan est étrange, il faut le reconnaître. Le jeu est clairement à conseiller à quiconque fait passer la facette RPG et la qualité de l'écriture du scénario et des dialogues avant le gameplay à proprement parler. On est ainsi face à des bugs nombreux, à une maniabilité à s'arracher les cheveux, à une optimisation technique défaillante. Et pourtant, le tout fonctionne, et pas qu'un peu. Grâce tout d'abord à une approche typiquement RPG : un personnage avec un gros score dans le maniement d'une arme touchera plus facilement qu'un expert en FPS qui vise avec talent, dans cette approche-ci. Et ensuite, voire surtout, grâce à une écriture tout simplement fabuleuse, des personnages à la personnalité dense, réaliste et parfaitement conçue, un scénario digne des meilleures bandes d'espionnage mâtiné d'action. Chaque choix, chaque dialogue entraînera des conséquences différentes. L'on regrettera potentiellement que le déroulement global du jeu reste le même quel que soit l'approche du personnage (pas de missions X ou Y selon les choix, par exemple ; est-ce une approche qui aliénerait trop le public, de faire face à un jeu qu'il doit refaire deux ou trois fois pour en voir les différents éléments de scénario ?) et une fin un peu expédiée (une simple séries de news indiquant les quelques répercussions des actions du joueur dans la partie). Le grand regret restera au final double : avec plus de budget, d'ampleur, ou de finition, Alpha Protocol aurait été un chef-d'œuvre absolu, d'une part. Et, d'autre part, et surtout, la possibilité d'un second volet, qui aurait pu tirer les leçons des erreurs du premier, semble tout sauf à l'ordre du jour : les œuvres ambitieuses auraient-elles tendance à faire peur au public ?
S'il s'agit de donner une note, j'oscillerai entre un 3 sévère si je devais réfléchir en pesant le pour et le contre et déterminer si le jeu peut plaire et enchanter tous les publics, et un 4, voire un 4,5, si je devais uniquement me concentrer sur le plaisir que j'ai ressenti dans ma partie : rares furent les scénarios et les dialogues qui m'emballèrent autant dans un jeu (le système de dialogue est loin devant celui, pourtant excellement bien pensé, de Mass Effect)
Au passage, mention particulière aux clins d'œil qui émaillent le jeu, de Max Payne à... Les Trois Jours du Condor, vieux film d'espionnage avec Robert Redford !