Je me demande si cette idée selon laquelle la fonction présidentielle était plus respectée avant n'est pas purement mythique. La preuve en est que tu fais remonter cette dégénérescence à De Gaulle, qui fut le créateur de la Vème République. Cela montre bien que l'âge d'or de la fonction présidentielle n'a jamais existé. Sortir des vannes plus ou moins bien trouvée sur un chef d'Etat, ça a toujours existé. Je ne pense vraiment pas que le fait qu'un glandu aille se poster exprès sur le passage du président pour l'insulter soit symptomatique de quoi que ce soit.
Il est évident qu'à aucun moment dans la 5° un président n'a fait l'unanimité pour lui (ni contre lui, d'ailleurs). Cependant, je crois que la fonction présidentielle était plus respectée au sein de la population française au début des années 60 qu'elle ne l'est aujourd'hui, ne serait-ce qu'à cause du charisme et de l'aura de De Gaulle (pensez donc: le libérateur de la France, l'homme qui a mis un terme à la Guerre d'Algérie), mais aussi, et il faut le souligner, parce que les médias étaient largement sous contrôle présidentiel.
La dégradation a commencé avec la remise en question de ce carcan perçu (en grande partie à raison) comme conservateur voire réactionnaire en 68, puis par diverses "affaires" (les diamants de Bokasa sous Giscard, par exemple) et l'arrivée dans les médias d'éléments relevant de la vie privée du président (Mazarine, Chirac qui se montre à poil à Brégançon...), le summum dans ce domaine ayant été atteint par notre actuel président avant même son élection (mais Royal avait joué, dans une moindre mesure, cette même carte).
Après, ce mépris répandu pour le président actuel tient aussi au fait que Sarkozy se mette très en avant, en dépit des déceptions qu'il suscite: en 1997, Juppé a beaucoup encaissé à la place de Chirac. Mais cela tient aussi à sa personnalité et à sa faiblesse intellectuelle, limpide lorsqu'on l'écoute s'exprimer hors d'un discours rédigé par ses conseillers. Peut-être, au fond, s'agit-il tout simplement d'un problème de personne présidentielle.
Maintenant, il est aussi possible de relativiser ce point de vue: après tout, la dernière présidentielle a été l'élection qui a connu le plus haut taux de participation depuis 1965, ce qui indique l'attachement des Français à cette fonction et l'intérêt qu'ils lui prêtent encore.
Et puis, il est très possible que tu aies raison: il peut ne s'agir que d'un évènement ponctuel sans qu'il soit symptomatique de quoi que ce soit... et à ce moment-là, j'aurai écrit tout ça pour des prunes. :crying: