Après m'être pas mal taté, je me suis lancé dans "L'Homme à la caméra" de Dziga Vertov... Ca faisait un bon bout de temps que j'en entendais parler et comme je n'étais ni fatigué, ni occupé à faire autre chose (fait très rare), et ben je me suis maté ça samedi aprèm. Et croyez moi, il vaut mieux être réveillé pour le visualiser.
Alors je sais pas si quelqu'un d'autre l'a vu ici (je suppose que oui, vu les cinéphiles du fofo), mais je suis vraiment partagé. Je rappelle que le film date de 1929. Donc film muet, sans aucun son, sans texte, rien. Enfin du moins l'original, personnellement, je l'ai regardé accompagné de la bande du groupe The Cinematic Orchestra. Ca passe déjà mieux...
Bref, d'un côté on est complètement impressionné par sa forme ultra contemporaine, les images sont très rythmées, tout s’enchaine très vite. Il y a beaucoup d’idées, en permanence et quand on pense aux techniques de l’époque, c’est véritablement sidérant (surtout une scène vers les 40min je crois, ça va extrêmement vite, on imagine le travail de fou pour le montage…). Couplé au concept que je trouve vraiment génial (la mise en abime du cinéaste, le renouveau de l’écriture cinéphile, etc), et avec un peu de recul, ce film marque vraiment les esprits.
MAIS !
Parce qu’il y a un mais, effectivement. Ce film date des années 30. Alors forcément, ça implique beaucoup de contraintes. D’une part, visuellement, le film a énormément vieilli (même si les autres films de l’époque ont sûrement vieilli bien plus), on a l’impression d’être en permanence en face de pantins. Et dans notre époque où on est submergé par des films ultra rythmés avec des montages de plus en plus rapides (grâce au numérique) et bien, le désir de l’époque vis-à-vis de la rapidité des séquences prend un sérieux coup dans l’aile.
Bref, un film excellent, du moins historiquement parlant car s’inscrivant dans le courant du constructivisme russe et étant la représentation du cinéma de Vertov, le Ciné-Œil, mais d’un autre côté, on a à faire avec un film assez indigeste en raison de son âge. Il faut vraiment passer outre ce point pour ne faire ressortir que ses idées et concepts. A ce moment là, oui, le film est grand et bienvenue au communisme (la Russie toute belle, les habitants très modernes, la machinerie déjà très installée, etc.).
Bref, une petite expérience (1h10 – 1h20, je sais plus trop) assez enrichissante que ce film là mais assez indigeste 🙂.