Vraiment laborieuse, cette finale. La faute principalement à des Néerlandais qui sont partis dès le départ avec un gros complexe d'infériorité*.
Se craignant battus dans le jeu, ils ont opté pour un anti-football dans lequel ils estimaient avoir davantage de chances de gagner.
Le risque de cette stratégie était minime avec un arbitre de Premier League, habitué aux joutes musclées – donc a priori plus tolérant vis-à-vis du jeu physique (ce qui s'est avéré exact dans les faits).
Je n'ai jamais apprécié Webb, et ce n'est pas ce match qui me le fera apprécier davantage. Il était rarement bien placé (soit trop loin du jeu, soit dos au jeu, soit dans les pieds des joueurs. Grave à la bourre, tout le temps) et a pris quelques décisions contestables qui ont favorisé la tension ambiante. Les Néerlandais ont profité de sa clémence pour imposer un jeu toujours plus rugueux et les Espagnols ont commencé à en rajouter –voire à simuler– dans l'attente qu'enfin, un Hollandais se fasse sortir.
Toutefois, lui imputer la défaite hollandaise serait aller chercher un peu loin. En dehors de la faute de Puyol qui aurait pu entraîner un second carton jaune et un coup franc, aucune de ses erreurs d'appréciation n'a directement pénalisé les Pays-Bas. (Non, un 6m au lieu d'un corner, ce n'est pas directement pénalisant.)
Le tournant du match, c'est le duel perdu par Robben (mauvais choix de sa part, sortie d'école par Casillas).
Mais franchement, ça n'a pas été bien agréable à voir (contrairement à Allemagne-Espagne, conclu sur le même score mais passionnant de bout en bout). La faute à la stratégie hollandaise certes, mais surtout la faute à l'enjeu de la finale. On vante la qualité du match Allemagne-Uruguay, mais jamais ce match ne se serait passé comme ça si une coupe du monde avait été en jeu. Jamais.
Et sinon, yay, je gagne la finale des éliminatoires. \o/
(Pas la ligue par contre, mais j'étais pas loin :ph34r🙂
* comme quasiment toutes les équipes ayant affronté l'Espagne, à commencer par une Allemagne méconnaissable. La force de l'Espagne, c'est de persuader les autres équipes que toute perte de balle se paiera cash. Du coup, les adversaires de l'Espagne attaquent avec le frein à main, ce qui explique en partie la bonne tenue de la défense ibère (2 buts encaissés seulement) et les difficultés de l'Espagne à marquer.
Si les Hollandais étaient à fond dans l'intimidation physique, l'Espagne donne dans l'intimidation technique depuis 2 ans. Et ça marche.