Fini El Shaddaï, en 10-15h, je dirais.
C'était plutôt moyen, globalement. On m'a vendu de la MDMA, j'ai eu de la beuh de qualité limite.
Les heures s'accumulent poussivement ; l'ennui, au contraire, ne tarde pas à apparaître.
Y a eu un véritable travail sur la direction artistique, l'aspect musical - no problemo. La majorité des décors se métamorphosent en autant de toiles de maître ; de l'impressionnisme au cubisme, en passant par l'art abstrait, c'est hétéroclite. A côté de ça, le gameplay est plutôt raté dans son exécution, et ce, malgré l'infusion de quelques idées rigolotes (la purification, le pierre-papier-ciseau). Le scénario apparaît déroutant, presque absurde. Bon, soit. Les digressions sont nombreuses (Ishtar n'a rien à voir avec l'histoire d'Enoch), les ruptures de rythme/de cohérence demeurent intéressantes, allant jusqu'à contaminer la structure même des phases jouables : passer d'une balade bucolique à des affrontements en arène séparée, le tout sans aucun lien logique apparent. J'adore.
Si l'anticlimax de l'ending avait quelque chose de séduisant, il ne rattrape pas les inconstances de tonalité : El Shaddaï n'est jamais vraiment drôle (plutôt lourd & insipide), tout comme il n'est jamais vraiment dramatique - ce qui représente un réel problème. Heureusement, nombre de données écrites sont là pour structurer un peu l'ensemble ; les trouver n'est cela dit pas évident. Je n'ai, par exemple, déniché aucune note d'Ishtar, à peine ai-je découvert le dernier passage optionnel, que j'ai préféré éviter (pour en finir au plus vite avec le jeu), manquant le dernier exemplaire desdites notes.
Les rapports des Freemen, de Lucifel, viennent toutefois enrichir la chose.
Bref, El Shaddaï, c'est un jeu fait avec amour, bonne volonté... mais ça reste insuffisant. Sympathique expérience, malgré tout. Le melting-pot religieux, la dé-diabolisation des anges déchûs, la problématique des Néphilim, c'est cool.
Et se battre en DENIM, j'avoue, ça nique sa mère.
6/10.
PS : Gros + aux doublages jap', big - à la traduction française en demi-teinte.