J'ai fini Nier, enfin pour être plus précis j'ai obtenu les fins A et B (32 + 3 heures), sans grande motivation pour poursuivre.
Tout d'abord mon avis sans spoiler : je sors du jeu avec une impression contrastée, et même un peu déçu que la deuxième partie ne tienne pas les promesses de la première. La bande-son est un véritable véhicule émotionnel, et pourtant je la trouve maladroitement exploitée (détails dans le spoiler). Le monde exploré est plutôt réduit et la technique imprécise, mais ça ne me dérange aucunement (en même temps, ce n'est que mon deuxième jeu de cette génération de consoles après Tales of Vesperia). Pas mal de temps de chargement par contre. Le gameplay est d'une richesse limitée, mais ça se joue/bastonne sans déplaisir. J'ai bien aimé l'ambiance (même si j'ai un regret => spoiler), mais le changement d'atmosphère me semble pas assez rendu entre les deux parties. Avec les infos dont je dispose avec ces deux fins, l'histoire sous-jacente m'apparaît très confusément (l'idée centrale me rappelle le manga Nausicaä). Le point noir, c'est qu'à mon goût elle n'infuse pas assez le scénario finalement anecdotique (I. on cherche à butter les ombres partout. II. on rassemble les 5 fragments). Quant aux personnages, ils sont peu nombreux mais plutôt marquants. Dommage que les PNJ ne soient pas plus développés. Un point gênant également, la mise en scène surdramatisée (j'ai joué en doublage US), interdisant l'émotion.
Bon, ça a l'air négatif comme cela, mais cela reste une bonne expérience dans l'ensemble. Mon meilleur souvenir étant le boss de fin de première partie (la toute fin du jeu est décevante en comparaison).
[spoiler]Pourtant, le prologue suggérait une ambition qui collait à la réputation flatteuse du soft. La nature d'ombre de la majorité des ennemis donne une réelle identité au jeu. Surtout, je m'imaginais affronter en définitive une maladie, dans un décor de fin du monde enneigé. Bon, j'ai assez vite compris que le jeu n'avait pas ces ambitions narratives que je lui attribuais, donc cela n'a pas généré de frustration. Par contre, les scènes dramatiques auraient largement gagnées à plus de sobriété, la bande-son disant presque tout à elle toute seule. Au final, le jeu est classique dans sa progression, voire minimaliste : on va à un nouvel endroit pour un prétexte sans grand intérêt (devenir plus puissant, ça fait pas de mal de butter de l'ombre...). L'histoire sous-entendue a l'air intéressante, mais on n'en trouve que des bribes dans les documents, et j'ai trouvé le revirement des jumelles assez bidon et incohérent. C'est un défaut récurrent qui m'irrite particulièrement : favoriser les twists qui donnent une fausse impression de profondeur plutôt que de développer par petites touches la richesse de l'histoire. Du tout, l'aspect dramatique revendiqué perd de sa force : accumuler des décès ne suffit pas (surtout que le sacrifice d'Emile, un peu pesant, le laisse vivant si j'en crois la fin B B). Et pourtant j'adore Valkyrie Profile !
Bref, Nier n'est pas la perle que j'espérais, ce qui me renforce dans ma conviction que les talents de storytelling ont simplement déserté le RPG japonais. Ceci étant dit, le jeu est régulièrement drôle, la bande-son enchanteresse et j'ai bien aimé bastonné pendant une bonne partie du jeu. Mention spéciale au boss de fin de première partie (je regrette ne pas avoir gardé ma save pour pouvoir le refaire), d'autant plus épique que je l'ai abordé non préparé (seul boss sans save juste avant, dernier lieu excepté), avec peu d'objets de guérisons. J'avais déjà réfléchi à ce que je referais une fois le combat perdu dès qu'une nouvelle phase démarrait. Mais ça a été du bon stress, et j'étais heureux de m'en être miraculeusement sorti.[/spoiler]