À tous ceux qui s'insurgent contre la "nouvelle" réforme de l'orthographe et qui ont peur pour la langue française (ce qui se comprend), une petite mise au point s'impose.
<p style="color:rgb(20,24,35);font-family:helvetica, arial, sans-serif;">Même si c'est précisé dans les articles relayant l'info, il est toujours bon de le rappeler, cette réforme date de 1990 (soit bien avant que les téléphones portables, et par extension le langage sms, ne soient devenus une norme). Elle est visible sur le site de l'Académie Française depuis un bail, et elle est techniquement effective depuis 1990.
Les "variantes" orthographiques des mots comme "nénuphar" sont donc acceptées depuis plus de vingt ans.
En pratique, c'est un peu différent puisqu'en vérité, personne ou presque n'a suivi cette réforme (à part au Québec il me semble).
<p style="color:rgb(20,24,35);font-family:helvetica, arial, sans-serif;">Donc là, le changement serait enfin opérationnel à partir de la rentrée 2016, si on en croit les sites d'information. Bien. Est-ce que ça finit donc la fin de la langue française et le début de la "sms-isation" (quand bien même ça n'a rien à voir) ? Non. Je suis moi-même contre toute forme de nivellement par le bas. Mais là, on parle en majeure partie de "simplifications" (ou transformations) logiques et cohérentes, qui s'inscrivent dans la continuité des siècles d'évolution de la langue française.
<p style="color:rgb(20,24,35);font-family:helvetica, arial, sans-serif;">La langue française a une histoire. Les mots ont une histoire. Une étymologie. Et justement, concernant "nénuphar" : "L'Académie française a écrit « nénufar » de 1762 jusqu'en 1935 (huitième édition de son Dictionnaire) et les rectifications orthographiques du français en 1990 préconisent de revenir à cette orthographe du fait de l'origine « arabo-persane » du mot (nīnūfar), car le digramme ph serait conforme avec une translittération du phi (φ) du grec ancien mais pas du fāʾ (ﻑ) arabe.".
<p style="color:rgb(20,24,35);font-family:helvetica, arial, sans-serif;">Et concernant "oignon" : "Le nom oignon, que l’on peut aussi écrire ognon, est issu du latin unionem. Son orthographe a beaucoup varié. Au XIIe siècle, on écrivait unnium, au XIIIe siècle, oinum et oingnum. Les différentes éditions du Dictionnaire de l’Académie française témoignent aussi de ces hésitations. Dans les éditions de 1718 à 1762, on écrivait oignon ; en 1798, ognon, en 1835 et 1878, on proposait les deux formes ; en 1935 oignon ; dans l’édition actuelle, on écrit oignon en signalant qu’ognon est accepté. En ce qui concerne oignon, on constate qu’il y a eu longtemps une hésitation pour l’orthographe des mots dans lesquels on trouvait le groupe -gn. Dans de nombreux cas on a écrit avec un i la voyelle qui précède. On a eu des formes montaigne, campaigne, aigneau. On a en français les formes poigne et pogne, et on hésite entre encognure et encoignure."
<p style="color:rgb(20,24,35);font-family:helvetica, arial, sans-serif;">Sinon, si vous voulez vraiment qu'on respecte la "langue française" (laquelle ?), on peut aussi se remettre à écrire "hospital" ou à parler en français médiéval.
Bref, c'est normal d'avoir peur du nivellement par le bas, c'est quelque chose qui m'énerve aussi, mais là, vraiment, la langue française va s'en remettre, il n'y a pas de quoi avoir peur (pour l'instant). La langue évolue, les mots évoluent, il peut y avoir débat sur certains choix (comme la disparition de l'accent circonflexe) mais ça ne sert en rien de rejeter en bloc quelque chose qui s'inscrit dans une démarche logique et, au fond, historique.